MEREDITH (voix off) : Ma mère avait une formule quand elle parlait de son internat. Elle disait : « il faut un an pour apprendre à tenir un bistouri et toute une vie pour apprendre à le lâcher »
1. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL – SOIR
Bailey regarde Jackson dormir tandis qu'Arizona arrive
ARIZONA : Je suis là, je suis réveillée, qu’est-ce qui se passe ?
BAILEY : C’est Jackson. Sa tension a un peu bougé, elle a légèrement baissé depuis hier, rien de grave mais on pourrait passer des coups de fil, quitte à insister lourdement. On obtiendra peut-être qu’il grimpe de quelques places sur la liste d’attente des dons d’organes
ARIZONA : Docteur Bailey, vous m’avez bipée avec le code d’urgence à 2 heures et demie du matin pour euh…discuter ?
BAILEY : Euh vous…vous aimez bien discuter
ARIZONA : Pas à 2 heures et demie du matin, non. Ecoutez, il est jeune, il est assez bien placé sur la liste, il faut attendre que le centre de de dons lui trouve des organes. On ne peut rien faire d’autre. Et c’est certainement pas en en discutant au beau milieu de la nuit qu’on fera bouger les choses. Je vais essayer de dormir un peu. Je vous conseille de faire la même chose
BAILEY : Il n’a pas le temps d’attendre que ça bouge
ARIZONA : Comme tous les autres. Bienvenue en pédiatrie
MEREDITH (voix off) : De tous les outils dont un chirurgien doit savoir se servir, le discernement est le plus difficile à maîtriser. Sans discernement, les chirurgiens ne seraient que des gamins qui jouent avec des lames de dix
2. INT – CHAMBRE DE WILLIAM - NUIT
Derek entre furieux dans la chambre de William
WILLIAM : Oh je leur avais demandé de pas vous réveiller. Je leur ai dit que ça pouvait attendre demain, que le bon Docteur avait bien besoin d’une bonne nuit de sommeil
DEREK : Votre dernier scan cérébral indique que les lésions se sont étendues. Et c’est pas fini. Il faut qu’on vous opère tout de suite
WILLIAM : Ce…ce machin au cerveau…ça peut me tuer ?
DEREK : Si on s’en occupe pas, oui
William rit
DEREK : Vous trouvez ça drôle ?
WILLIAM : Je suis désolé, c’est…de toute façon, ils m’exécutent dans cinq jours. Cinq jours. Je ferais aussi bien de prendre le risque que ce truc me fasse crever avant
DEREK : Monsieur Dunn…
WILLIAM : Reconnaissez que ce serait une belle fin. Y a plein de femmes très attirantes dans cet hôpital…et j’adore les glaces qu’on nous donne pour le dessert. Vous avez goûté celle à la fraise ? Elle vous changera la vie
DEREK : Vous refusez l’intervention ?
WILLIAM : Quoi que je fasse, je vais mourir dans les jours qui viennent Docteur Shepherd…j’aime autant que ce soit dans votre service
GENERIQUE
3. INT – MAISON DE MEREDITH - SOIR
Lexie et Mark sont au grenier, où Lexie loge. Les autres sont debout et occupés
MARK : Pourquoi tu vis dans le grenier de Meredith ? Comment tu veux que je parte discrètement avec la soirée étudiante là, en bas ? Personne dort jamais dans cette maison ?
LEXIE : Ils font le ménage pour la mère du Docteur Shepherd
MARK (refermant la porte) : Madame Shepherd va venir ? A Seattle ?
LEXIE : Oui, c’est un souci ?
MARK : C’est pratiquement elle qui m’a élevé et qui m’a appris la différence entre le bien et le mal. Si elle apprend que je me…que je suis avec toi, qu’on est…t’es la petite sœur de Meredith, le fruit interdit. T’es une enfant, t’as 25 ans. T’es un fœtus
LEXIE (souriant) : J’ai 24 ans, j’ai sauté une classe
MARK : Je me sens sale
Lexie rigole
Alex, Sadie et George sont assis face à Meredith qui ne semble pas bien et qui serre une bouteille de tequila entre ses mains
ALEX : 10 dollars qu’elle se plante dans les 5 premières minutes
SADIE : Je crois au potentiel de la tueuse, elle va faire bonne impression
ALEX : Elle s’accroche à cette bouteille comme un gilet de sauvetage
GEORGE : Meredith, les écoute pas, je suis sûr qu’elle va t’adorer
MEREDITH : Non, les mères ne m’aiment pas, jamais. Les mères, ça aime les filles pleines de vie, les filles pétillantes…
Izzie arrive (suivie de Denny)
MEREDITH : …Izzie. Les mères aiment toujours Izzie
IZZIE : C’est vrai, toutes les mères adorent Izzie
DENNY : Ma mère t’aurait adorée
IZZIE : Alors, j’ai planqué l’alcool, j’ai enlevé les capotes du vide- ordures, j’ai mis tes magazines people sous ton lit et je les ai remplacés par de vieux numéros des « Annales de la chirurgie », d’accord ?
MEREDITH : D’accord ?
IZZIE (reniflant) : Ça sent pas un peu le renfermé ?
GEORGE : Ça sent le frais et le pain d’épices chez ma mère. C’est hyper cozy
MEREDITH : C’est pas cozy chez moi ?
DENNY : Moi, je me sens bien
ALEX : J’ai grandi dans un taudis, cette maison, c’est un palace
MEREDITH : Pourquoi c’est pas cozy chez moi, George ?
GEORGE : Ça s’explique pas, c’est une impression c’est tout
MEREDITH : Ça se camoufle pas une impression !
IZZIE : Elle va péter un câble ! Trouvez-lui un truc concret que je peux arranger
ALEX : Rebecca a pissé sur un des coussins
SADIE (dégoûtée) : Je dors là-dessus depuis des semaines
MEREDITH : Merci Alex, toi au moins, t’es un vrai pote
ALEX : Y a pas de quoi. Vas-y, bois un coupIzzie commence à nettoyer.
Derrière, Mark se faufile par la porte d'entrée
Sur le porche, il croise Derek
DEREK : Mark ?
MARK : Ah t’étais où ? On va boire un coup ?
DEREK : Il est 4 heures du matin
MARK : Ouais, j’ai pas fait gaffe, j’aurais dû appeler, désolé. Dis donc, il paraît que ta mère vient à Seattle ? Ça va être super
Il s'en va
4. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL - JOUR
Izzie est avec Meredith et Lexie (et Denny)
IZZIE : Ça va bien se passer. C’est facile, t’ouvres la bouche le moins possible, tu fais court, tu restes à la surface. C’est pas utile qu’elle en sache trop sur toi. Et si à un moment, t’es coincée, tu lui fais un sourire. T’as un très joli sourire
Le sourire forcé de Meredith ne traduit pas exactement cela
DENNY : La mère de Shepherd va avoir la trouille de sa vie
IZZIE (souriant) : Euh t’es sûre que tu veux rien faire pour tes cheveux ?
5. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL – JOUR
Devant la chambre de William, Cristina remarque la queue de cheval haute de Meredith avec un chouchou rose, mais n'en parle pas. Derek arrive
DEREK : Euh ta queue de cheval est effroyablement haute
MEREDITH : Je vais rencontrer ta mère
6. INT – CHAMBRE DE WILLIAM – JOUR
Derek, Meredith et Cristina le rejoignent
DEREK : Monsieur Dunn, votre œdème cérébral progresse rapidement. Si on attend encore pour vous opérer, ça va devenir critique
WILLIAM : Excellent. Excellente nouvelle
DEREK : Je vous recommande vivement d’accepter l’intervention
WILLIAM : Vous avez déjà visité le quartier haute-sécurité d’un établissement pénitencier ? Je vous garantis que si vous deviez mourir, vous préféreriez que ce soit ici, en bonne compagnie
DEREK (à Cristina et Meredith) : Je vous charge toutes les deux de surveiller de près la pression intracrânienne de Monsieur Dunn. Je veux des examens neurologiques réguliers. Et quand il finira par perdre connaissance, on l’amènera au bloc en urgence
MEREDITH : D’accord
WILLIAM : Vous avez pas le droit de faire ça. Il a le droit de faire ça ?
CRISTINA : Quand un patient est inconscient ou n’est pas en état de prendre une décision, il suffit de la signature de deux médecins pour opérer
WILLIAM : C’est pas vrai vous vous foutez de moi ? Toute manière, dans cinq jours, je serai mort. Docteur Grey, vous êtes quelqu’un de censé…
DEREK : Allez, on y va
WILLIAM : Vous feriez réparer votre télé avant de la jeter à la poubelle ?
Ils sortent
MEREDITH : C’est un raisonnement qui se tient
DEREK : Il essaie de contourner le système. Il est pas question que je le laisse faire
7. INT – URGENCES – JOUR
Callie est avec un patient, Chuck, et son frère, Gary
CALLIE : Quel est le problème ?
CHUCK : Je fais une petite infection à cause d’une petite opération que j’ai subie y a…
GARY : A Hong-Kong. Mon taré de frère a obtenu l’intervention programmée et est allé se faire charcuter à Hong Kong. Mais qui voudrait s’infliger ça ?
CHUCK : Les nabots comme moi. Les gens trop petits, seuls et désespérés. Je me suis fait allonger les jambes. Je trouvais pas de chirurgien ici qui accepte de le faire
GARY : C’est…c’est un truc de barbare. Ils lui ont cassé les jambes et ensuite, ils lui ont vissé une espèce d’appareil de torture moyenâgeux de chaque côté et…
CALLIE : Oui, c’est pour séparer les os, les étirer. C’est une procédure très controversée. Personnellement, je ne la pratique pas. Je peux jeter un coup d’œil ?
Callie examine ses jambes, qui ont l'air vraiment abîmées
CHUCK : Ils ont dit que ça me ferait gagner 5 centimètres
8. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL - JOUR
Melinda, la mère de Jackson, s’approche de Richard, Bailey, Sadie, Alex et une autre interne
MELINDA : Des nouvelles du centre de don ?
RICHARD : Non, toujours rien. Le Docteur Karev est en contact permanent avec eux
MELINDA : Ça va prendre encore combien de temps à votre avis ? C’est dur à trouver les intestins et le foie ?
SADIE : Jackson est du group O positif, on devrait trouver un donneur compatible assez facilement
BAILEY (lui jetant un regard) : Mais on lui a fait beaucoup de transfusions, ce qui altère la compatibilité, à cause des anticorps, c’est plus aléatoire, il va falloir faire preuve de patience. Pour le moment, il faut que je fasse des analyses supplémentaires pour vérifier le ionogramme de Jackson
RICHARD : Nous ferons le maximum pour aider votre fils Madame Prescott. Nous ferons tous le maximum
Melinda repart dans la chambre. Bailey se tourne vers Sadie
BAILEY : Toi, la fouineuse ?
SADIE : Je vous demande pardon ?
BAILEY : Je n’ai pas confiance en toi. Je n’aime pas te voir dans cet hôpital et je n’aime pas te voir près du petit patient que je suis depuis trois ans et qui compte beaucoup pour nous tous
SADIE : Je…
BAILEY : Non, non, non. Si tu veux continuer à travailler sur ce cas, tu restes en dehors de mon chemin, tu fais ce que je te demande sans discuter et si tu as quelque chose à dire à mon patient, ou sur mon patient, tu lèves la main droite et tu attends que je te donne la parole
SADIE : Vous vous fichez de moi, c’est une blague ?
Bailey la regarde
SADIE : Vous vous fichez de moi ?
BAILEY : Tu trouves que j’ai l’air de plaisanter ?
Bailey s’en va
9. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL – JOUR
William est emmené, poussé par Meredith
WILLIAM : Vous êtes furieuse
MEREDITH : Je suis jamais furieuse contre les patients
WILLIAM : Vous êtes furieuse parce que j’ai assassiné toutes ces femmes, je comprends, c’est normal. Ça vous ferait du bien de savoir que quand j’étais petit, je me faisais cogner dessus ? Tous les jours. C’est comme ça que j’ai appris à lire. Je me cachais sous l’évier et je déchiffrais tout bas ce qui était marqué sur les détergents et les boîtes de conserve
MEREDITH : C’est vrai ?
WILLIAM : Ça vous ferait du bien que ce soit vrai ? Croyez ce qui vous aidera à mieux dormir la nuit, Docteur Grey
Ils arrivent à l'ascenseur, où Bailey attend également avec Jackson
JACKSON (voyant les menottes) : Oh cool, c’est grave ce que vous avez fait ?
WILLIAM : J’ai brûlé un feu rouge. Et toi, qu’est-ce qui va pas ?
JACKSON : J’attends un nouveau foie et un nouvel intestin
WILLIAM : C’est vrai ? Tu veux les miens ?
Bailey s’arrête et William et Jackson se sourient
10. INT – POSTE DES INFIRMIERES - JOUR
Derek est au téléphone
DEREK : Vous êtes à quel terminal ?
VOIX AU TELEPHONE : Terminal nord
DEREK : Bah oui, c’est bien ça, elle est forcément là. Non, non, non, ne bougez pas, vous restez là et vous attendez
Une main se pose sur l’épaule de Derek qui se retourne et voit sa mère
DEREK (au téléphone) : Laissez tomber, je l’ai trouvée. (Raccrochant) J’ai envoyé une voiture avec chauffeur à l’aéroport
CAROLYN : J’ai pas besoin d’une voiture de luxe, j’ai pris le bus. Comme une grande
DEREK : Alors ce voyage en cours ? C’était prévu que tu fasses étape à Seattle ?
CAROLYN : Euh bon bah ça faisait longtemps que j’avais envie de visiter le Space Needle, il paraît qu’on voit très bien le Mont Rainier de tout là-haut
DEREK : Il paraît…y a autre chose que t’as envie de voir ?
CAROLYN : Tu viens avec moi ?
DEREK : Je suis au bloc toute la journée. T’aurais dû me prévenir plus tôt, désolé
CAROLYN : Oui, oui, je sais, cinq enfants, cinq médecins, je connais la chanson, c’est bon. Je vais attendre. Tu peux me présenter tes confrères
Elle voit alors Mark
CAROLYN : C’est Mark Sloan ?
DEREK : Oui
CAROLYN : Mark, comment ça va ?
MARK : Oh Madame Shepherd, vous avez l’air en pleine forme
Il fait semblant d'être bipé
MARK : Ah excusez-moi, on se voit plus tard ?
Mark s'éloigne. Derek voit ensuite Meredith
DEREK : Ah parfait, ça tombe bien. Maman ? C’est Meredith
Izzie passant derrière, discrètement
IZZIE : Souris
CAROLYN : Meredith. Enfin
MEREDITH (souriant) : Bonjour
CAROLYN : Mon fils vous cache depuis tellement longtemps. Je suis ravie de vous rencontrer
Carolyn la prend dans ses bras
CAROLYN : J’espère qu’on se voit au déjeuner, j’ai hâte de vous connaître. Je veux tout savoir de vous
Meredith semble nerveuse
Alex et Izzie sont à un poste d’infirmière pas loin
IZZIE : Elle a l’air bizarre, tu trouves pas qu’elle a l’air bizarre ?
ALEX : Elle a l’air d’avoir envie de pisser, surtout
IZZIE : Merde, je lui ai dit de boire pour avoir le teint frais
ALEX : Les présentations aux parents c’est l’enfer. Moi, je t’imposerai jamais ça
Il s'éloigne
DENNY : Moi non plus. L’un des nombreux avantages de sortir avec un fantôme
Cristina rejoint Izzie
CRISTINA : C’est qui cette dame qui tient Meredith par l’épaule ?
IZZIE : C’est la mère de Derek
CRISTINA : Ah c’est pour ça qu’elle est toute bizarre
IZZIE : Non, Cristina, elle est pas bizarre, ça va, c’est cool, je l’ai briefée et elle s’en sort…très bien
On voit Meredith se tortiller
CRISTINA : On dirait qu’elle va se faire dessus
Owen arrive
OWEN : Docteur Yang, vous pourriez vous charger de mes patients post-op ? Les urgences sont prises d’assaut et vous accepteriez de sortir avec moi ce soir ?
Izzie les regarde (tout comme Denny)
CRISTINA : Excusez-moi ?
OWEN : Je…je vous invite à sortir. Vous avez dit « plus de chaud et de froid » donc euh…je passe vous prendre à huit heures. Oh et Monsieur Kenner chambre 2212 il a besoin d’un lavement ça fait des jours qu’il y a rien qui sort
Il s'éloigne
CRISTINA : C’est noté
IZZIE (souriant) : Et ça, c’était pas bizarre ?
Cristina s'éloigne
DENNY : Sortir avec un mort, ça a un autre avantage : pas de rencards gênants, ça fait 2-0 mais je dis ça comme ça
11. INT – CHAMBRE DE JACKSON – JOUR
Jackson est avec Bailey
JACKSON : Pourquoi je peux pas avoir les organes du monsieur de tout à l’heure ? C’est lui qui m’a proposé
BAILEY : Tu sais qu’il y a un règlement à l’école que tout le monde doit respecter ? Eh bah c’est la même chose à l’hôpital. On doit tous respecter le règlement sinon on est sévèrement puni. Et euh ce que le monsieur t’a proposé c’est interdit par le règlement
À l'extérieur de la pièce, Melinda est de nouveau au téléphone avec les assureurs
JACKSON : Elle se dispute encore avec les gens de l’assurance
BAILEY : N’y pense pas, je ne veux pas que tu t’en fasses pour ces choses-là
JACKSON : Trouvez un truc bien à lui dire aujourd’hui. Même s’il se passe rien, dîtes-lui un truc bien. Elle a besoin d’une bonne nouvelle
12. INT – CHAMBRE DE WILLIAM – JOUR
Il est avec Meredith
WILLIAM : J’ai un corps en bonne santé qui fonctionne avec un foie et des intestins de bonne qualité. En plus, c’est les soldes : liquidation totale du stock. Tout doit disparaître
MEREDITH : Même si on pouvait le faire, il faudrait que vous soyez compatible Monsieur Dunn. On devrait faire des tests de compatibilité sur votre sang et le sien
WILLIAM : On est dans le même hôpital, ça tombe bien, non ? Laissez-moi essayer de sauver la vie de ce gamin avant de m’en aller. S’il s’en sort, j’aurais au moins…
MEREDITH : Vous essayez de me faire avaler que c’est pour lui que vous feriez ça ?
WILLIAM : Croyez ce qui vous aide à mieux dormir la nuit, Docteur Grey
13. INT – CHAMBRE DE CHUCK – JOUR
Callie est avec Mark
CALLIE : L’infection s’étend, elle a pénétré très profondément, ce qui veut dire qu’on va devoir retirer les broches et les tiges
MARK : Et tout nettoyer, éliminer les os et les tissus nécrosés
CHUCK : Et mes 5 centimètres en plus alors ? J’ai souffert le martyr pour rien ?
MARK : A ce stade, Monsieur Ruben, vous avez de la chance de ne pas perdre vos jambes
CHUCK : Ouais, enfin pour vous, c’est facile à dire, vous faîtes quoi ? 1m80 ?
GARY : Pourquoi tu leur parles comme ça Chuck ? Ils essaient…
CHUCK : Toi, tu la fermes, t’as rien à dire. Tu fais presque 1m85. Est-ce que tu as une idée de ce qu’on peut ressentir quand tous les jours, partout où on va, on se fait littéralement regarder de haut ? Tu sais à quel point c’est humiliant de devoir demander un coup de main à un adolescent quand on fait ses courses parce qu’on peut pas attraper son paquet de riz ? J’ai eu deux rencards au cours des six derniers mois, deux pauvres rencards avec des femmes rencontrées sur le net, y en a aucune qui a appelé, bah ouais, personne ne veut sortir avec un nain de jardin
GARY : Chuck, arrête
CHUCK : Je voulais ces 5 centimètres. Je voulais tellement ces 5 centimètres en plus, j’en suis malade
GARY : 5 centimètres, Chuck, je veux dire franchement, entre 1m60 et 1m65, c’est quoi la différence ?
CHUCK : 1m65 on peut le dire à voix haute
14. INT – SALLE DE PAUSE – JOUR
Bailey rejoint Arizona
BAILEY : Je viens d’établir une liste des pédiatres gastroentérologues de la région. Je me suis dit qu’on en trouverait bien un qui acceptera de faire une anastomose porto cave intra hépatique
ARIZONA : Sur un gamin qui a besoin d’un nouveau foie ?
BAILEY : Oui
ARIZONA : Ça revient à mettre un pansement sur une blessure par balle
BAILEY : Vous avez une meilleure idée ?
ARIZONA : Je crois…attendre un donneur, faire confiance au système, pourquoi vous y arrivez pas ?
BAILEY : Parce que j’en ai marre, je suis fatiguée d’attendre pendant que son état se dégrade. Jackson est fatigué, sa mère est fatiguée. La seule que ça ne gêne pas de rester plantée là, à glander, en attendant la suite, c’est vous !
ARIZONA : J’ai fait des efforts pour être sympa avec vous, j’ai été patiente, mais je commence à en avoir ras le bol, vous passez votre temps à me dire comment je dois faire mon travail !
Alex arrive
BAILEY : Ce gamin est là depuis trois ans !
ALEX (criant) : On se calme, là ! Avec tout le respect que je vous dois, on se calme. C’est bon, on a un donneur
15. INT – AVION - JOUR
Arizona et Alex sont dans un avion pour récupérer les organes de Jackson. Arizona n'aime pas l'avion
ARIZONA : Si on pouvait se faire livrer les organes, ce serait quand même mieux. Je déteste l’avion. Je me sens bien plus proche de la mort à bord d’un avion que quand je suis au bloc, pas vous ?
ALEX : Maintenant, si
ARIZONA : Oh j’ai fait la connaissance d’Izzie. C’est une très jolie fille. Alors vous croyez que c’est la bonne ?
ALEX : C’est…je sais pas
ARIZONA : Ouais enfin on est à un âge où on pense…on pense au mariage, au bébé, à tout ça. Y a des projets dans l’air ?
ALEX: Je sais pas, je vous dis. Je suis désolé, c’est pas mon genre les projets. Si j’ai un avenir avec elle, tant mieux. Sinon, je m’en remettrai, je m’en remets toujours. Ok ?
ARIZONA : Ok
16. INT – CAFETERIA – JOUR
Izzie, George et Cristina déjeunent
IZZIE : Je trouve ça cool. Ton rencard. Toi et le massacreur de porc vous allez hyper bien ensemble
CRISTINA : Oh merci
IZZIE : Tu vas faire quoi ce soir ? Tu vas lui parler de quoi ?
CRISTINA : Qu’est-ce que ça peut te faire ?
DENNY : Oui, qu’est-ce que ça peut te faire ?
IZZIE : On a qu’un seul premier rencard alors il faut que ce soit un moment où tu t’amuses, où tu te sens sexy et euh…oh et aussi pose-lui plein de questions. Tiens, demande-lui ce qui lui a donné envie de sauver des vies et fais-le parler de la meilleure intervention qu’il a eue…
CRISTINA : Je sais quoi faire à un rencard
George regarde une autre table
GEORGE : Pourquoi Meredith mange du pot-au-feu ?
Izzie se retourne et on voit Meredith, assise avec Derek et Carolyn
CRISTINA : C’est un leurre pour la belle-mère. Elle est en panique. Et cette queue de cheval, elle va exploser
Table de Meredith
CAROLYN : Derek m’a dit que vous aviez grandi ici, à Seattle. Et vos parents sont…
MEREDITH : Morts
DEREK : Meredith a perdu sa mère l’année dernière
CAROLYN : Oh je suis vraiment désolée. Et votre père ?
MEREDITH : Euh excusez-moi, je…il faut que je retourne voir notre patient…le tueur en série…qu’on soigne…qui est immobilisé. Encore heureux. Bon j’y vais. A tout à l’heure
Elle s'en va
DEREK : La famille c’est un sujet sensible pour elle, d’accord ? Elle en a pas mal bavé
CAROLYN : Est-ce que j’ai dit un seul mot ?
DEREK : Non mais je sais ce que tu penses
CAROLYN : Ce que je pense…c’est que ça doit être dur pour toi…de soigner un meurtrier
DEREK : Ça fait longtemps que papa est mort. Ça va
Lexie s'assoit avec Mark
MARK : Qu’est-ce que tu fais Lexie ?
LEXIE : Tu couches avec moi, tu déjeunes avec moi, nouvelle règle
D’autres internes passent
RYAN : Vous laissez les internes s’asseoir à votre table Docteur Sloan ? Alors, vous, vous êtes cool
Il s’assoit avec deux autres internes
INTERNE : Oh t’as eu un cookie, toi ? On peut faire moit-moit ?
RYAN : Et tu me donnes quoi en échange ?
INTERNE : S’il te plaît, allez !
STEVE (arrivant) : Hey, demain midi, y a des frites !
MARK : J’ai du boulot
Mark s'approche de Carolyn à la machine à boissons
CAROLYN : Mark ?
MARK : Madame Shepherd
CAROLYN : Tu m’évites depuis ce matin
MARK : Quoi ? Non
CAROLYN : Oh je te connais mon grand, tu as le même air coupable que quand tu avais 10 ans et que tu avais mis la grenouille préférée de Derek dans le micro-ondes
MARK : J’ai jamais appuyé sur « Start »
CAROLYN (riant) : Bon, qu’est-ce qu’il y a ?
MARK : Je couche avec elle
CAROLYN : Oh Mark, non, encore ! Comment t’as pu recommencer ?
MARK : Non, non, pas Meredith, non. Sa petite sœur, Lexie
CAROLYN : Où ça ? C’est laquelle ?
MARK (lui montrant) : Celle…celle avec le jus de pomme
Carolyn regarde Lexie et jette un regard à Mark
17. INT – CHAMBRE DE JACKSON - JOUR
Bailey est dans la chambre de Jackson, le préparant pour l'opération
JACKSON : Mes nouveaux organes sont arrivés ?
BAILEY : Pas encore mais on va te préparer dès maintenant pour l’opération. Comme ça, on pourra commencer dès qu’on les aura. Et en te réveillant demain, tu seras un petit garçon tout neuf avec des organes tous neufs
MELINDA : J’ose pas y croire, ça y est. Hein poussin ? On va pouvoir enfin vivre notre vie ailleurs que dans cet hôpital. Ne le prenez pas mal, Miranda, j’adore nos petites discussions
BAILEY : Mais ça vous fera des vacances de ne plus me voir tous les jours
MELINDA (souriant) : Des supers vacances
Elles s’enlacent et Richard sourit aussi
18. INT – AUTRE HOPITAL - JOUR
Arizona et Alex voient l'enfant dont ils sont censés prélever les organes
19. INT – CHAMBRE DE WILLIAM - JOUR
Meredith examine William
WILLIAM : Est-ce que j’ai des hallucinations ou est-ce que cette queue de cheval est vraiment perchée si haut ?
MEREDITH (souriant) : Vous n’hallucinez pas encore. Mais quand votre cerveau commencera à engager, je vous promets rien
WILLIAM : Ça veut dire que je suis vraiment pas loin d’y passer alors ? Vous devriez prendre mes organes tout de suite, sauver ce pauvre petit gars
MEREDITH : Ils ont trouvé un donneur compatible, les organes arrivent aujourd’hui par avion. Il va s’en sortir
WILLIAM : Vous savez qu’ils laissent les condamnés choisir ? La corde ou l’injection. On a le droit de choisir comment on va partir. Quel luxe. Vous choisiriez quoi, vous ? En tant que médecin, vous pensez que c’est quoi…le mieux ?
MEREDITH : Eh bien, la pendaison, ça vous brise le cou, ce qui vous sectionne la moelle épinière. Ça fait dégringoler votre tension et vous finissez par perdre connaissance. Vous ne mourez pas immédiatement, ça prend quelques minutes. Si vous choisissez l’injection, alors l’opération se déroulera en trois temps. Ils vont d’abord vous endormir en vous injectant un anesthésique, ensuite ils vous injecteront un paralytique qui bloquera votre diaphragme et vos poumons et enfin du potassium qui stoppera votre cœur
WILLIAM : On était…on était compatible ?
MEREDITH : Oui
20. INT – POSTE DES INFIRMIERES – JOUR
Carolyn s'approche de Lexie
LEXIE : Je peux vous aider, vous cherchez le Docteur She…
CAROLYN (lui prenant la tête entre ses mains) : Est-ce que vous êtes une fille bien ?
LEXIE (décontenancée) : Je…pardon ?
CAROLYN : Une fille bien. Je dis pas « parfaite », je…je dis plutôt une gentille fille, bien élevée. Alors ?
LEXIE : Oui
CAROLYN : Combien vous avez eu de partenaires sexuels ? Je ne porterai pas de jugement
LEXIE : Euh…6, non7, enfin non, 6…enfin entre 6 et 7
CAROLYN : Des ennuis avec la loi ?
LEXIE : Un excès de vitesse
CAROLYN : De combien ?
LEXIE : 20km/heure
CAROLYN (la lâchant) : 20km/heure ?
LEXIE : Bah je roulais pas assez…enfin, oui, oui, je roulais beaucoup trop vite mais la route était en pente et je me suis fait emporter par l’élan…
CAROLYN : D’accord, alors maintenant vous sauriez me dire…où est la boutique de l’hôpital ?
LEXIE : Au premier dans l’aile droite
Lexie reste, encore perplexe face à cet échange étrange
21. INT – BLOC OPERATOIRE POUR CHUCK – JOUR
Callie et Mark opèrent
MARK : On dirait du hachis parmentier
CALLIE : Ouais c’est pour ça que je pratique jamais cette procédure. Tu vis pendant des mois avec des jambes cassées. Tu souffres comme un damné. Les gens sont fous, tout ça pour quelques centimètres
MARK : Supplice et tourment contre un peu de plaisir. Je comprends ça
CALLIE : Si c’est aussi terrible, il faut arrêter de coucher…(Réalisant qu’ils ne sont pas seuls) de faire ce que vous faîtes Docteur Sloan
MARK : Oui mais c’est le contraire du supplice, quand je le fais. Ce que je fais…c’est génial. C’est le pied. Et si vous aviez pas aussi peur de vous ramasser Docteur Torres, vous pourriez vivre la même chose
CALLIE : Y a pas si longtemps, je marchais la tête haute. Je marchais la tête haute. Et puis, y a eu George. Il m’a enlevé au moins 2 centimètres. Ensuite, Erica est partie, ça m’en a encore enlevé 2 ou 3. J’ai rapetissé. Toutes ces humiliations ça fait rapetisser alors oui, j’ai peur de souffrir parce que là, un autre échec personnel m’amputerait carrément les deux jambes
22. INT – AVION - JOUR
Alex et Arizona sont sur le chemin du retour
ARIZONA : C’est bientôt la Saint-Valentin. Personnellement, je pense qu’avec un bijou, on est sûr de faire plaisir. Si vous voulez, je connais pas mal de boutiques super sympas…
ALEX (incrédule) : Mais ça va pas ou quoi ? Vous êtes pas bien ?
ARIZONA : Quoi ?
ALEX : On est en train de ramener le foie et les intestins d’un môme de 10 ans. Il vient de mourir et vous en avez rien à foutre. Vous êtes là, à parler de fleurs, de petits oiseaux qui chantent, d’amour et toutes ces merdes. Franchement, vous êtes pas bien ou quoi ?
ARIZONA : Vous croyez que je ne me rends pas compte qu’ils ont débranché un petit garçon de 10 ans ? Vous croyez que je m’en fous ? Vous croyez que je ne sais pas pour le cercueil ? Le tout, tout petit cercueil où ils vont le mettre ? Je les connais par cœur ces cercueils. Je les vois tout le temps. Dans mes cauchemars. Alors faîtes ce que vous voulez mais moi je vais continuer à parler de fleurs, de petits oiseaux, d’amour et de toutes ces merdes comme vous dîtes. Et je vais faire des projets pour demain. Parce que c’est ce que les gens font, Karev. Ils font des projets. Il faut bien avancer. C’est la seule chose à faire. On laisse les cercueils derrière soi et on se tourne vers l’avenir. Vers les autres enfants
23. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL – JOUR
Owen retrouve Derek
OWEN : Où en est notre condamné ?
DEREK : Oh ce type me pourrit la vie. Ses lésions cérébrales empirent d’heure en heure et il refuse l’intervention
OWEN : Il croit qu’il va obtenir que son exécution soit repoussée ?
DEREK : Non, il veut mourir ici, c’est tout. Il veut avoir le contrôle, il veut choisir
Carolyn arrive avec des sacs
CAROLYN : J’ai acheté la moitié des peluches de la boutique pour tes nièces
DEREK : Maman, je te présente le Major Owen Hunt
CAROLYN (lui serrant la main) : Major Hunt ? J’ai été infirmière dans la marine pendant 25 ans. Où étiez-vous posté Major ?
OWEN : Au cœur de l’action, en Irak
CAROLYN : Le retour se passe bien ? Vous avez dû en voir des choses
OWEN : Rien à en dire, Madame
Owen s’éloigne et Cristina s’approche de lui
CRISTINA : J’ai fini avec vos post-op
OWEN : Merci Docteur Yang
Ils restent silencieux un moment
CRISTINA : C’était quoi votre meilleure intervention ?
OWEN : Comment ?
CRISTINA : Non, rien, rien, laissez tomber
Cristina s'en va
24. INT – BLOC OPERATOIRE POUR JACKSON - JOUR
Arizona, Alex, Bailey et Sadie sont au bloc
ARIZONA : J’ai fini la veine cave
ALEX : L’anastomose a l’air bien
BAILEY : Bon, il ne reste plus qu’à retirer les clamps
ARIZONA : A vous l’honneur, Miranda. C’est votre patient
BAILEY : Merci Docteur Robbins
Sadie lève la main avec frénésie et attire l'attention de Bailey
SADIE : J’ai levé la main. J’ai levé la main ! Il y a une tâche sur le duodénum
BAILEY : Qu’est-ce que c’est que ça ?
25. INT – CHAMBRE DE WILLIAM – JOUR
Les moniteurs bipent et Meredith arrivent
WILLIAM : Je me sens pas très bien
MEREDITH : La pression intracrânienne est trop forte, on peut plus attendre, on l’emmène tout de suite au bloc
WILLIAM : Non…non
MEREDITH : Il faut qu’on vous opère immédiatement
WILLIAM : J’ai pas peur de mourir. Tout ce que je demande c’est de pas mourir sanglé sur une table comme un animal. S’il vous plaît. S’il vous plaît Docteur Grey, laissez-moi mourir ici
Cristina et Derek entrent et le préparent pour le transport
DEREK : Bon, commencez à le ventiler, intubez-le et emmenez-le au bloc
Derek signe le formulaire
DEREK : Il me faut une deuxième signature. L’accord pour l’intervention. (Le tendant à Meredith) Allez, signe. Signez Docteur Grey. Meredith, signe
MEREDITH : Euh…
DEREK (en colère) : Meredith, signe le formulaire !
Cristina signe à sa place
DEREK : Yang, vous venez au bloc avec moi !
26. INT – BLOC OPERATOIRE POUR JACKSON – JOUR
BAILEY : Il embolise, il embolise, il embolise. Où est la source ? C’est pas possible, ça devrait pas arriver, pas à lui, pas à ce petit garçon. C’est pas possible, c’est pas possible
RICHARD : Les organes sont morts Docteur Bailey. Ils aggravent son état. Les laisser à l’intérieur, fait plus de mal que de bien
BAILEY : On peut peut-être…
RICHARD : Il va mourir si on les laisse
BAILEY : Il va mourir si on les retire, Monsieur !
INFIRMIERE : La tension chute
ARIZONA : On peut tenter un shunt porto-cave, la circulation sera préservée et contournera le foie
BAILEY : C’est du rafistolage, ça ne tiendra pas
RICHARD : Quelqu’un a une meilleure idée ? Nous n’avons pas le choix Docteur Bailey
ALEX : On a combien de temps pour trouver d’autres organes ?
BAILEY : 24 heures
RICHARD : Il nous faut plus de compresses
27. INT – BLOC OPERATOIRE POUR WILLIAM - JOUR
Derek retire une partie du crâne
DEREK : Nous allons mettre ce fragment de crâne dans son abdomen. Pourquoi ?
CRISTINA : Ça va permettre à l’œdème cérébral de se résorber. La circulation de l’abdomen préserve la moelle osseuse contenue dans le fragment du crâne
DEREK : Excellent
CRISTINA : Merci de m’avoir prise sur l’intervention
DEREK : Pour une fois qu’on était d’accord sur quelque chose
28. INT – SALLE DE PREPARATION AU BLOC – JOUR
Sadie et Bailey se lavent les mains
SADIE : Est-ce qu’on saura pourquoi il a fait une CIVD ?
BAILEY : Il y a parfois des pannes, ça ne marche tout simplement pas
SADIE : J’ai le même souci
BAILEY : Ah bon ? Vous êtes sur le point de mourir pour rien ?
SADIE : Non, ma vie est vie est une série de pannes. Rien ne marche jamais. Alors je recolle les morceaux mais dès que j’ai réparé un truc, y en a un autre qui casse. Je suis pas là pour vous pourrir la vie, j’essaie seulement…de me tenir debout et de ne pas tomber en panne
29. INT – VESTIAIRE DES RESIDENTS - JOUR
Cristina se retrouve dans la salle des résidents avec Meredith
CRISTINA : C’est vraiment ridicule, le coup de la queue de cheval
Elle part et Meredith retire la queue de cheval
30. INT – POSTE DES INFIRMIERES – JOUR
Carolyn est avec Mark
CAROLYN : C’est une fille adorable
MARK : Adorable ? Oui. Mais elle est pas pour moi
CAROLYN : N’importe quoi. C’est toi le vrai problème, pas elle. Mark, tu te sous-estimes et tu te contentes de trop peu. T’étais déjà comme ça quand t’étais petit. Il faut revoir tout ça à la hausse mon grand
MARK : Elle a 24 ans
CAROLYN : Tu as la maturité affective d’un môme de 15 ans, travaillé par ses hormones. Il te faut une jeunesse
Ils sourient
31. INT – CHAMBRE DE CHUCK – SOIR
Callie et Mark sont avec Chuck en présence de Gary
CALLIE : On a dû retirer environ un-demi centimètre d’os pour sauver vos jambes
CHUCK : Je suis plus petit qu’avant ? J’ai perdu un-demi centimètre ?
GARY : Un-demi centimètre, Chuck, c’est presque rien
CHUCK : Rien ? Je fais moins d’1m60 maintenant. Je fais 1m59 et demi, t’as raison, c’est pareil. Mais attends, ils me feront peut-être le tarif enfant maintenant dans les cinémas et les parcs d’attraction hein ?
GARY : Oh Chuck ! Pourquoi tu crois qu’à la fac, j’ai jamais joué au basket ?
CHUCK : Parce qu’ils t’ont pas pris dans l’équipe
GARY : Non, non, non, j’ai même pas essayé de faire partie de l’équipe parce que j’avais peur que ça te fasse de la peine vu que malheureusement, t’étais trop petit pour jouer
CHUCK : Ah bon ? T’as…
GARY : Et aujourd’hui, c’est le même délire. Quand j’ai une sale journée, je peux pas te le dire parce que t’as peut-être eu aussi une journée pourrie et que tu es trop petit ! Je t’ai même pas montré comme j’étais mal quand je me suis fait larguer par Lori parce que toi tu as pas de copine et que tu es trop petit ! D’ailleurs, pendant qu’on y est, tu veux savoir pourquoi t’as pas de copine ? C’est pas parce que tu es trop petit, ça n’a rien à voir avec la vraie raison c’est que tu n’arrêtes jamais de te plaindre d’être trop petit ! Personne sait combien tu mesures à part toi, Chuck. Tout le monde s’en fout
CHUCK : Je suis vraiment un con hein ?
GARY : Ouais. Et en plus, t’es petit
Ils se sourient
32. INT – HALL DE L’HOPITAL – SOIR
Owen part et croise Carolyn, assise en salle d’attente
OWEN : Bonne soirée Madame Shepherd. Ravi de vous avoir rencontrée
CAROLYN (se levant) : Major Hunt ? Vous dormez bien ?
OWEN : Excusez-moi ?
CAROLYN : Moi avant de me coucher, je prends de la Valériane en infusion. Je sais ce que les médecins pensent des tisanes mais ça marche bien. Vous arrivez à dormir ? Je veux dire, depuis l’Irak ?
OWEN : Je dors pas trop mal, je…je ne me plains pas. Au revoir Madame
33. INT – CHAMBRE DE WILLIAM – SOIR
Derek ausculte William en présence de Meredith et Cristina
DEREK : Comment vous vous sentez Monsieur Dunn ?
WILLIAM : Pourquoi vous ne m’avez pas laissé partir ?
DEREK : Vous ne mourrez pas ici
WILLIAM : De quoi vous avez si peur Docteur Shepherd ? De perdre contrôle ?
DEREK (à Meredith) : Pression intracrânienne stable. On continue les examens neuros et on surveille sa tension toute la nuit
MEREDITH : D’accord
Meredith et Cristina s’en vont
WILLIAM : Ou peut-être que vous avez peur parce que vous savez bien qu’au fond, vous êtes pas différent de moi. Vous avez la vie et la mort des gens entre vos mains tous les jours mais on dit que c’est de la médecine. Et non un crime capital
DEREK : On a pas le luxe de choisir. Ni moi, ni les patients de cet hôpital. Et encore moins les cinq femmes que vous avez assassinées. Alors quand je vous dis que vous ne mourrez pas ici, dans cet hôpital, ça veut dire qu’il n’y a pas moyen que je vous laisse la moindre chance de crever dans cet hôpital. Ce serait trop facile. J’ai rien de commun avec vous
34. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL - SOIR
Carolyn retrouve Meredith
CAROLYN : Meredith ? Justement, je cherchais Derek. Vous savez où il est ?
MEREDITH : Vous avez l’air vraiment super sympa. Vous avez été adorable. Vous m’avez laissé ma chance. Et vous avez l’air d’avoir envie de m’apprécier. Alors je vais être franche, je veux pas vous mentir. Le machin rose bonbon, la queue de cheval et le sourire avec les dents…c’est pas moi, tout ça, c’est du flan. Je suis pas le genre de fille qui plaît aux mères. Je suis pas pétillante et pleine de vie. Je suis sombre et torturée
Izzie passe et entend tout
MEREDITH : Par exemple, je suis le genre de fille complètement névrosée qui a de la compassion pour les tueurs en série…
CAROLYN : Je suis ravie de vous avoir rencontrée Meredith
Carolyn s'en va. Elle passe devant Izzie, qui secoue la tête en direction de Meredith
35. INT – CHAMBRE DE GARDE - SOIR
Izzie est en chambre de garde avec Denny
DENNY : Qu’est-ce qui va pas ?
IZZIE : Je veux rencontrer ta mère
DENNY : Izzie…
IZZIE : Je veux un rencard, je veux sortir avec toi, je veux…aller au restaurant avec toi sans avoir l’air d’une malade mentale qui parle toute seule. Je veux marcher dans la rue avec toi en te tenant la main. Je veux parler de toi à mes amis, je veux parler de toi tout le temps. Et je veux…
DENNY : Tu veux quoi ?
IZZIE : Je veux que tu sois vivant
DENNY : Tu serais pas en train de me dire que tu veux rompre ?
IZZIE : Je crois que ce serait mieux
36. INT – ASCENSEUR – SOIR
Callie est avec Mark
CALLIE : On va boire un verre ?
MARK : Je peux pas, je suis pris ce soir
CALLIE : D’accord
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et Lexie l'attend
MARK (à Callie) : Marche la tête haute
CALLIE : Quoi ?
MARK : La seule chose à faire c’est avoir le courage de se lancer. On se lance, on aime, on se plante, on se relève. Marche la tête haute
37. INT – APPARTEMENT DE CRISTINA ET CALLIE – SOIR
Cristina ouvre la porte à Owen
CRISTINA : Vous êtes en retard. Très, très en retard. Les restaus servent plus à cette heure-là ?
OWEN (entrant en titubant) : Je voulais pas que tu croies que je t’avais posé un lapin
CRISTINA : Vous avez bu ou quoi ?
OWEN : Mon dernier rendez-vous c’était avant l’armée, ça fait cinq ans, je voulais…c’était pour me détendre
CRISTINA : Vous êtes en retard et bourré ?
OWEN : Je te promets de me rattraper parce que tu mérites pas d’être traitée comme ça, je sais que tu mérites mieux et je te jure, je te jure que je vais me rattraper ! Je te le promets
CRISTINA : Ok Docteur 12 ans d’âge, avant d’aller plus loin, faut passer sous la douche, vous puez, on dirait une distillerie
Il entre dans sa salle de bain
CRISTINA : Non, pas ici. Attendez, je…
38. EXT – DEVANT L’HOPITAL - SOIR
Derek et sa mère sont assis sur un banc devant l'hôpital. Elle lui offre une bague
CAROLYN : Ton père voulait te la donner quand tu aurais trouvé la bonne personne. C’était visiblement pas Addison
DEREK : Tu ne sais rien de Meredith, tu ne l’as vue qu’une heure. T’as à peine eu le temps de faire connaissance
CAROLYN : J’en sais assez. Je sais que…c’est plus facile d’avoir de la compassion pour quelqu’un de bien que pour un tueur. Et que t’es encore en colère pour ce qui est arrivé à ton père
DEREK : Evidemment que je suis en colère. Pas toi ?
CAROLYN : Je dors toujours de mon côté, jamais du sien. Le matelas commence à…mon côté commence à s’affaisser…mais non, je suis pas en colère. Plus maintenant
Derek a les larmes aux yeux
CAROLYN (lui caressant les joues) : Oh mon chéri…pour toi c’est ou tout blanc ou tout noir. Meredith raisonne pas du tout comme ça
DEREK : Non
CAROLYN : T’as besoin qu’on bouscule tes théories. T’as besoin d’elle. C’est la bonne
DEREK : Ouais…
Elle l’embrasse sur la tête et il en fait de même
39. INT – APPARTEMENT DE CALLIE ET CRISTINA - SOIR
Owen appelle Cristina depuis la douche
OWEN : Yang ! Yang !
Il est là, tout habillé sous la douche
OWEN : J’ai trouvé. Tu sais, ma meilleure intervention
CRISTINA : Vous avez même pas enlevé vos chaussures ?!
OWEN : Mon premier blessé par explosion, sur le terrain. Tout le corps empirait. Explosifs faits maison, une vraie saloperie, des copeaux de cuivre et du fil de fer enfoncés de dix centimètres dans l’abdomen, les bras et les jambes qui tiennent par des lambeaux de chair, je…j’avais jamais vu ça, ni dans les bouquins, ni…ni pendant mon internat, incroyable, un corps…un corps troué. Le rêve du traumatologue. J’ai mis des garrots où je pouvais, j’ai commencé à ligaturer les artères tant bien que mal mais le pauvre mec pissait le sang, ça saignait de partout, la poitrine, le ventre…j’avais besoin de pression pour stopper toutes ces hémorragies alors j’ai…j’ai eu l’idée de m’allonger complètement sur lui et je suis resté là, deux heures sans bouger, à essayer d’empêcher le sang de gicler avec mes mains, avec mes genoux, mes coudes…un pauvre corps…un pauvre corps tout troué. Il s’est pas vidé de son sang, j’ai pas lâché prise. A l’hôpital, on l’a soigné et puis, il est rentré. Un mois plus tard, il m’a envoyé une lettre où il me remerciait de lui avoir sauvé la vie. Il s’est tiré une balle dans la tête. C’était ma meilleure intervention…mais la pire de ma vie
MEREDITH (voix off) : On est que des humains. On se trompe. On fait de mauvais calculs…
Cristina enlève ses chaussures et entre dans la douche avec Owen. Elle lui retire sa cravate et lui caresse le visage
MEREDITH (voix off) : On appelle ça des fautes
40. INT – MAISON DE MEREDITH – SOIR
Izzie enlève ses chaussures dans sa chambre
MEREDITH (voix off) : Mais quand un chirurgien fait une erreur de jugement, ce n’est pas aussi simple
ALEX (arrivant) : Ça va ? Je viens de voir qu’on avait bientôt quelques jours de vacances qui tombent en même temps. On pourrait prendre la bagnole, se balader, faire étape dans l’Iowa, prendre un peu l’air
IZZIE : Ta mère n’habite pas dans l’Iowa ?
ALEX : Si. Je crois que ça lui plairait de te rencontrer. C’est comme tu veux. Mauvaise idée, laisse tomber
Elle l'embrasse
IZZIE : Y a une bouteille à nous dans la laverie, ça te branche un petit avant-goût des vacances hein ? Bouge pas
Elle l’embrasse et part chercher la bouteille. Pendant qu'Alex l'attend, Denny s'assoit avec lui
DENNY (à Alex) : Alex…il faut que je te parle
41. INT – COULOIRS DE L’HOPITAL - SOIR
Bailey quitte la chambre de Jackson. Meredith est dehors
MEREDITH (voix off) : Les gens se blessent…ils saignent
MEREDITH : Je viens d’apprendre la nouvelle. Je suis désolée. Il se passe quoi maintenant ?
BAILEY : On attend, en espérant qu’il y ait un miracle
MEREDITH (voix off) : Alors on prend des précautions…on se pose des questions pour la moindre petite incision…on pèse le pour et le contre…pour le moindre point de suture
42. INT – CHAMBRE DE WILLIAM - SOIR
Meredith entre dans la chambre de William
MEREDITH : Au cours de l’intervention, ils ont prélevé un morceau de votre crâne. Votre cerveau n’est plus couvert par ce qu’on appelle la dure-mère. Ça veut dire qu’il n’a plus de protection. Si jamais cette zone vulnérable subissait un choc, ça pourrait provoquer une hémorragie intracrânienne et un œdème encore plus grave que celui d’aujourd’hui. Et pour finir, la mort cérébrale. Alors en tant que médecin, je vous recommande instamment d’être très prudent. Vous comprenez ce que je vous dis ?
William acquiesce en souriant
WILLIAM : Docteur Grey ? Vous faîtes ça pour le petit garçon…ou pour moi ?
MEREDITH (voix off) : Parce que les jugements éclairs, des décisions qui nous viennent facilement, vite, sans hésitation…
MEREDITH : Croyez ce qui vous aide à mieux dormir la nuit
MEREDITH (voix off) : …sont ceux qui nous hanteront jusqu’à la fin
Elle quitte la pièce. Il retire son oreiller et commence à se cogner la tête contre le cadre du lit